ALZHEIMER : CE  SYNDROME ACCENTUE LEUR AGITATION EN FIN DE JOURNEE. 

08/02/2019


Autonome à DomicileParce que bien vieillir chez soi, c'est un choix

Alzheimer : ce syndrôme accentue leur agitation en fin de journée.

Si votre proche est atteint de la maladie d'Alzheimer ou d'une autre forme de démence, il se peut que vous observiez des changements dans son comportement en début de soirée. Il s'agit d'un phénomène connu sous le nom de syndrome du coucher du soleil, ou sous son nom anglais le sundowning syndrom. Cette confusion de fin de journée concernerait 20% des personnes atteintes de démence.

Ce symptôme de la démence (commun à d'autres maladies) modifie le comportement des personnes atteintes. Vous pouvez ainsi constater chez votre proche :

  • des sautes d'humeur soudaines,
  • de l'anxiété
  • de la tristesse,
  • de l'agitation et des poussées d'énergie,
  • une confusion accrue,
  • des hallucinations ou des illusions.

Comment repérer un Sundowning Syndrom chez une personne démente ?

La première chose à prendre en compte est l'heure où se produit se phénomène. En fonction de la saison, il peut commencer aux alentours de 17-18h, ou bien plus tard (lors des plus longues journées d'été).

Ensuite, c'est l'attitude de la personne qui sera représentative de ce phénomène. Le sundowning Syndrom peut se caractériser par :

  • une déambulation importante
  • des fugues
  • une désorientation (la personne se perd dans un quartier où elle s'oriente facilement d'habitude, ou même au sein de son domicile)
  • des pleurs
  • de l'agressivité
  • de la confusion. Elle ne reconnaît plus ses enfants qu'elle identifie pourtant sans problème habituellement, oublie qu'elle est maladie alors qu'elle en a parfaitement conscience habituellement, demande à voir un proche décédé ou à rentrer chez elle (alors qu'elle y est).

Une personne à un stade moins avancé de la maladie peut également souffrir de ce syndrome. Elle se sentira plus anxieuse en fin de journée, vous demandera de rentrer chez elle, de retrouver ses habitudes. Ainsi, il est peut -être préférable d'éviter de sortir pour dîner avec une personne atteinte de démence. Elle aura besoin de ses repères pour rester sereine.

Combien de temps dure ce phénomène ?

Pour certains, le comportement s'atténue rapidement. Un peu comme un coucher de soleil.

Pour d'autres, cela se poursuit dans la soirée et la nuit. Cela peut aller jusqu'à modifier le rythme de vie de la personne, qui est trop agitée la nuit pour dormir. Elle est donc assoupie la journée. Souvent, l'aidant qui vit avec la personne maladie est amené à modifier son rythme de sommeil, car la personne est bruyante et inquiétante la nuit.

À quoi est dû le syndrome du coucher de soleil ?

Il existe de nombreuses théories sur les raisons de ce phénomène, et la cause précise n'est pas identifiée. Il peut s'agir :

  • d'une réaction à la diminution progressive de la lumière,
  • d'une fatigue extrême,
  • de la faim ou de la soif à l'approche du dîner,
  • des déséquilibres hormonaux à mesure que le soleil se couche.
  • Le soir et l'obscurité peuvent accentuer la peur d'être en danger
  • Les aidants sont plus fatigués et plus stressés, la personne malade le ressent et l'interprète comme un signe de mécontentement ou d'agressivité.

Quelle qu'en soit la cause, voir un être cher présenter ces symptômes peut être un cauchemar pour les membres de sa famille.

Quelques conseils pour gérer les symptômes du coucher du soleil de votre proche :

1. Observer et minimiser les déclencheurs.

Il se peut que quelque chose au domicile change quand vient le soir. Peut-être que c'est le moment où tous les aidants viennent rendre visite au malade, qui se sent angoissé d'avoir autant de personnes chez lui. Essayez de déterminer si le phénomène se produit chaque soir ou uniquement dans un certain contexte. Peut-être que le fait de voir dans la rue des gens rentrer du travail éveille quelque chose chez lui. Il a alors lui aussi l'impression qu'il doit rentrer quelque part. Ou déprime de ne plus être en mesure de travailler...

Surveillez également les déclencheurs nutritionnels et ajustez les horaires de repas. Peut-être que la personne ne supporte plus aussi bien la caféine ou que le goûter de 16h30 est trop sucré pour elle. La caféine, la théine, le sucre sont des excitants. Il peut être recommandé de les éviter après une certaine heure.

Enfin, déterminez s'il y a un médicament qui pourrait causer ce changement de comportement. Prend-il un comprimé en fin d'après-midi qui le fatigue ? Aurait-il besoin de prendre un médicament en quatre fois plutôt qu'en trois ? Le médecin de votre proche peut revoir le traitement si besoin est. N'hésitez surtout pas à communiquer avec le médecin lorsqu'un nouveau symptôme apparaît, d'autant plus s'il apparaît après l'ajout, le remplacement ou le retrait d'un médicament.

2. Gérer les routines et structurer l'activité.

Maximisez l'activité physique plus tôt dans la journée. Essayez de réduire les siestes. Une sieste ne doit pas durer plusieurs heures dans l'après-midi, surtout si votre proche a du mal à dormir la nuit. Redonner un rythme à votre proche peut-être difficile au début, car il sera fatigué et que ses troubles du comportement seront exacerbés, mais à moyen terme, cela lui fera du bien et cela vous permettra de dormir la nuit plutôt que de guetter ses faits et gestes.

Essayez de réduire les tâches difficiles et stressantes au crépuscule et la nuit. Le sundowning syndrom a déjà tendance à angoisser la personne. Au moment du crépuscule, choisissez plutôt des activités de détente.

Respectez une routine quotidienne régulière : la routine apaise les personnes malades. On se sent en sécurité dans nos habitudes.

3- Détournez son attention

Essayez de détourner l'attention des pensées troublantes et des angoisses en détournant ou en réorientant votre attention vers des activités, des aliments, des animaux et des personnes qui calment votre être cher. Peut-être est-il apaisé en regardant son émission de télévision préférée, en faisant une promenade, en se blottissant contre un animal ou en se remémorant des souvenirs.

4- Éclairez suffisamment les pièces

La personne âgée peut avoir du mal à distinguer les objets quand la lumière baisse. La personne démente peut alors facilement s'angoisser, face à des ombres inconnues. Par ailleurs, quand la luminosité diminue, les sensations de fatigue et de déprime peuvent apparaître. Et si l'endormissement est adapté en fin de soirée, il ne l'est pas à 17h ! La luminosité permettra à la personne de réaliser que la journée n'est pas terminée, et qu'elle peut encore avoir des activités.

5- Jouez de la musique et des sons apaisants.

Essayez de passer une musique apaisante lors du coucher du soleil. En fonction de votre proche, cela peut être des chansons douces, des slows, des musiques instrumentales lentes... Cela peut également être ses chansons préférées, sur lesquelles il a des ancrages heureux et apaisants. Enfin, cela peut simplement être des sons comme les bruits de la nature.

6. Utilisez des huiles essentielles, des plantes, des compléments alimentaires.

La lavande, la rose, l'ylang-ylang, la camomille, la tanaisie bleue, l'encens et d'autres huiles essentielles peuvent être calmants. Cela peut également être des odeurs qui rappellent de bons souvenirs à votre proche comme l'odeur du cookie. Testez à quelles odeurs votre proche réagit.

Vous pouvez mettre ses huiles ou ses arômes dans un diffuseur, sur un objet à proximité de la personne ou sur un mouchoir.

Attention par contre : les huiles essentielles sont des produits très puissants. Ils peuvent être contre-indiqués dans le cas de certaines pathologies (cardiaques par exemple). Demandez toujours l'avis d'un professionnel avant d'utiliser une huile essentielle.

De la même façon, vous pouvez proposer des plantes à votre proche. L'heure du coucher du soleil peut ainsi devenir l'heure d'une infusion rituelle. Chaque personne réagit différemment aux plantes, en fonction de son âge par exemple. De plus, celles-ci peuvent être contre-indiquées avec certains traitements. N'hésitez pas à demander conseil auprès de votre médecin, pharmacien ou naturopathe. Les conseils que vous pouvez lire sur internet ne sont en effet pas forcément adaptés à votre proche. Si la valériane a fonctionné pour votre amie sur Facebook, elle n'aidera pas forcément votre père.

7- Calmez-le par le toucher

Un massage peut être particulièrement relaxant pour la personne démente. Il peut s'agir d'un massage des mains, mais pas seulement. Un bain de pieds peut également être très agréable pour votre proche. En plus, cela vous permet d'accéder à une zone qui n'est pas toujours facile d'accès lors de la toilette.

Vous pouvez également proposer de vous asseoir l'un contre l'autre dans un canapé et profiter d'une pause tendresse.

Dans tous les cas, avoir conscience de l'existence de ce symptôme vous permettra d'aménager le quotidien de votre proche. Vous pourrez ainsi planifier les rendez-vous et déplacements à un autre moment de la journée. Vous saurez mieux répartir les différents types d'activité en fonction du moment de la journée. Cela apaisera votre proche qui se sentira mieux au quotidien, mais cela facilitera aussi vos interventions en tant qu'aidant.

Et vous, quelles sont vos astuces pour calmer votre proche quand vient le soir ?