Faut-il supprimer un jour férié pour financer la dépendance ?

23/04/2019


Faut-il supprimer un jour férié pour financer la dépendance? Ça fait débat sur RMC

Le gouvernement étudie plusieurs pour trouver une solution pour la prise en charge des personnes âgées en situation de dépendance. Parmi les pistes envisagées: la fin des 35 heures, ou la création d'une deuxième journée de solidarité.

Financer la prise en charge des séniors est une problématique compliquée à résoudre. Pour répondre à celle-ci, il faut "travailler davantage" avait écrit le chef de l'Etat dans son allocution prévue lundi dernier et finalement reportée.

Trois pistes sont à l'étude: revenir sur la durée de travail hebdomadaire, retarder l'âge de départ à la retraite ou encore supprimer un jour férié. Autrement dit, créer une deuxième journée de solidarité, sur le modèle du lundi de Pentecôte. Elle rapporterait, elle aussi, entre deux et trois milliards d'euros par an. Pas suffisant pour financer les 10 à 20 milliards nécessaires à la prise en charge de la dépendance. Mais assez pour y réfléchir.

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"Il n'y a pas de tabou. Ce qui est certains, c'est qu'il faut trouver de nouveaux financements pour financer ce cinquième risque qui est le risque dépendance. C'est une mesure de solidarité de nos jours où tout le monde a tendance à se regarder le nombril, à regarder ses propres problématiques, et ses propres difficultés qui sont réelles. Il faut qu'on refasse société, qu'il y ait davantage de solidarité au sein de la population pour avoir un mécanisme de solidarité nationale qui permet à tous nos anciens d'être traités de la même façon quand ils sont obligés d'aller en Ehpad. On est là pour faire, on n'est pas là pour être réélu la prochaine fois", affirme, Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, et porte-parole de la République en Marche.

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron songe à une 2e journée de solidarité. Il y a un an tout juste, Jean-Jacques Bourdin lui avait posé la question lors de son interview au palais de Chaillot. Il avait alors qualifié la mesure de "piste intéressante qu'il faut regarder".

54% des Français sont contre

Aujourd'hui, c'est Aurore Bergé, porte-parole de la République en Marche, qui se dit "persuadée que les Français sont d'accord pour travailler plus si on explique que 100% des recettes sont consacrées au financement des Ehpad".

Pas si sûr quand on regarde ce sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. 54% des Français ne sont pas d'accord pour travailler davantage. Thibault, directeur de centre de loisirs, fait partie de ceux-là

"Je pense qu'on travaille déjà suffisamment. De nous faire travailler un jour férié en plus je ne suis pas sûr que ce soit la solution, il y a d'autres pistes à étudier. Moi je tiens à mes jours fériés, pour moi, c'est important de pouvoir se reposer, de profiter. Il faut taxer un peu plus les plus fortunés et les moins fortunés, nous laisser un peu tranquille. Si tout le monde se mobilise, on peut trouver des solutions, les fonds nécessaires pour d'autres projets", explique-t-il.

En France, il existe onze jours fériés. C'est même 12 aux Antilles et 13 en Alsace-Moselle contre seulement 9 en Allemagne, au Danemark, en Irlande et 8 au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.